La chirurgie bariatrique plus efficace et moins coûteuse que les agonistes du GLP-1

Une étude américaine de plus de 30 000 patients suggère que la chirurgie bariatrique reste, à 2 ans, plus efficace et moins coûteuse que les agonistes des récepteurs du GLP-1 pour traiter l’obésité de classe II et III.  Face à ce constat, les auteurs appellent à reconsidérer la place de la chirurgie comme « dernier recours » dans les stratégies de prise en charge. Cette étude rétrospective s’appuie sur les données de remboursements de Highmark Health couplées au dossier médical électronique d’un réseau hospitalier américain entre 2018 et 2023. Elle se base sur une cohorte de 30 458 patients obèses (IMC ≥35), dont 14 101 opérés (sleeve ou bypass) et 16 357 traités par GLP-1 RA, tous avec au moins 6 mois de suivi avant traitement et 12 mois après. Un score de propension a été utilisé pour équilibrer l’âge, le sexe, les comorbidités, le tabagisme, les coûts et l’utilisation des soins de base entre groupes. Par ailleurs, le poids semble être un net un avantage pour la chirurgie. Dans le sous-groupe disposant de mesures pondérales (1 291 patients MBS, 257 patients GLP-1, IMC de départ ≥40), la chirurgie est associée à une perte de poids nettement supérieure. La perte de poids totale moyenne atteint 28,3% après chirurgie versus 10,3% sous GLP-1, avec 98,8% des opérés obtenant au moins 5% de perte de poids durable et 96,0% au moins 10%, contre respectivement 71,6% et 45,9% sous GLP-1 RA. Les auteurs ont calculé les coûts moyens mensuels (médicaux et pharmaceutiques) sur 2 ans après le traitement index, en incluant le coût de l’intervention chirurgicale ou de la première prescription. Sur 24 mois, ils ont constaté un surcoût de 11 700 dollars pour les GLP-1 RA comparé à la chirurgie (≈23%), principalement liée aux coûts pharmaceutiques récurrents des GLP-1. Au suivi, la chirurgie est associée à une réduction plus marquée des comorbidités et de l’utilisation des ressources de soins que les GLP-1 RA. Les patients opérés présentent moins d’hospitalisations, de consultations ambulatoires et de passages aux urgences, ainsi que des taux plus faibles d’hypertension, de dyslipidémie, de coronaropathie et d’apnée du sommeil que ceux traités médicalement. Ces résultats plaident pour considérer plus tôt la chirurgie bariatrique dans l’algorithme thérapeutique de l’obésité sévère.

Barrett TS et al. Obesity Treatment With Bariatric Surgery vs GLP-1 Receptor Agonists. JAMA Surgery. 2025;160(11):1232-1239

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